Grégoire Dallemagne au Cercle du Lac
Conférence - 9 avril 2026
toutes les photos ci-dessous 👇
Électrification et souveraineté énergétique : les enseignements clés de Grégoire Dallemagne
À l’occasion de sa venue au Cercle du Lac, Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus, a partagé sa vision des grands enjeux énergétiques. Entre tensions géopolitiques, transition et impératifs économiques, une conviction s’impose : l’Europe doit accélérer sa transformation vers une énergie souveraine, compétitive et bas-carbone.
Une énergie sous pression géopolitique
Le contexte énergétique reste fortement influencé par les tensions internationales. Si les crises récentes ont secoué les marchés, leur impact a été moins marqué qu’en 2022. En cause : une dépendance réduite au gaz et au pétrole russes et moyen-orientaux, grâce à une diversification des approvisionnements.
Aujourd’hui, deux facteurs dominent : le prix de l’énergie et la géopolitique.
Une Europe – et une Belgique – particulièrement vulnérables
L’Europe reste le continent le plus dépendant des importations énergétiques, avec une Belgique particulièrement exposée. Ses approvisionnements proviennent notamment de la Norvège, des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays européens.
Le mix énergétique demeure largement dominé par les énergies fossiles (pétrole et gaz), tandis que l’électricité ne représente encore qu’environ 20 % de la consommation finale.
Vers une hausse des prix avant stabilisation
À moyen terme, une hausse du prix de l’électricité est attendue à l’horizon 2027, avant une stabilisation autour de 2029. Dans ce contexte, la compétitivité énergétique devient un enjeu stratégique pour les entreprises.
Un équilibre production-consommation de plus en plus complexe
La gestion de l’électricité se complexifie avec la diversification des sources, notamment les renouvelables, par nature intermittentes. Les acteurs doivent anticiper finement la consommation, en s’appuyant sur des prévisions météorologiques et des dynamiques d’usage à l’échelle belge et européenne.
Une mauvaise anticipation peut entraîner des déséquilibres majeurs : surproduction et prix négatifs d’un côté, tension sur l’offre et hausse des coûts de l’autre.
L’Europe joue un rôle clé en permettant d’écouler les surplus entre pays. Mais cette logique atteint ses limites si chaque pays devient plus autonome, rendant la revente des excédents plus incertaine.
L’électrification, levier stratégique mondial
Face à ces enjeux, l’électrification s’impose comme une réponse centrale. La Chine l’a bien compris en lançant une stratégie massive pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Dans ses grandes villes, les véhicules électriques sont désormais largement répandus.
Objectif : renforcer la souveraineté énergétique tout en réduisant la pollution.
Une demande d’électricité en forte croissance
D’ici 2050, la consommation d’électricité pourrait doubler. Cette évolution impose de repenser le mix énergétique pour garantir :
- une production suffisante,
- un équilibre entre sources renouvelables et pilotables,
- le développement du stockage de l’énergie,
- et une transition cohérente avec les objectifs climatiques.
Conclusion : un impératif de transformation
Cette intervention met en lumière un tournant stratégique pour l’Europe. Assurer une énergie abondante, compétitive, souveraine et bas-carbone n’est plus une option.
L’électrification, combinée à une diversification des sources et à une meilleure maîtrise des dépendances, sera au cœur des décisions dans les années à venir.


















































Conférence | Grégoire Dallemagne