Erik Joly au Cercle du Lac, Chief Economist, ABN AMRO MeesPierson
Table financière - 13 mars 2026
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Contexte géopolitique
Les perspectives économiques restent fortement dépendantes de l’évolution de la guerre en Iran. Trois scénarios sont envisagés :
- Fin rapide du conflit (25 %)
- Résolution dans 2–3 mois (50 %, scénario central)
- Conflit prolongé > 1 an (25 %)
Cette incertitude constitue aujourd’hui le principal facteur de volatilité pour l’inflation, les taux et les marchés financiers.
États-Unis : économie robuste mais mutation du marché du travail
L’économie américaine demeure résiliente avec une croissance attendue d’environ 2,9 % en 2026. Toutefois, la dynamique de consommation est fortement concentrée : 10 % des ménages représentent près de 50 % des dépenses.
Le marché du travail montre des signaux de transition, notamment pour les jeunes diplômés, avec un impact croissant de l’IA (+ de 650 billions de $ d’investissements par les big tech). Le chômage pourrait atteindre 4,4–4,5 %.
L’inflation reste supérieure à l’objectif de la Federal Reserve (2 %), ce qui maintient l’incertitude sur la trajectoire des taux : détente progressive dans le scénario central (3%) ou resserrement en cas de tensions prolongées.
Europe : stabilisation mais croissance limitée
L’économie européenne évolue dans un environnement relativement stable : inflation maîtrisée et taux de la Banque centrale européenne autour de 2 %.
L’Allemagne montre des signes de stabilisation (confiance des entrepreneurs, baisse des faillites) et pourrait bénéficier des dépenses dans la défense. La croissance européenne reste toutefois nettement inférieure à celle des États-Unis (~1,1 % en 2026).
Chine : moteur mondial affaibli
La croissance chinoise reste inférieure à 3 % et demeure largement dépendante des exportations. La baisse du commerce avec les États-Unis est partiellement compensée par une hausse des flux vers l’Europe et l’Asie.
Implications pour les marchés
- Actions : meilleure résilience des marchés américains ; Europe plus fragile.
- Dollar : maintien attendu de la vigueur à court terme.
- Obligations : hausse des primes de risque ; préférence pour les obligations en euro.
- Or : correction récente liée à la force du dollar (1$ = 1,15€), mais perspective positive avec une stratégie d’achat progressive (zones 4,8 puis 4,4).
- Argent : position défavorable, pas intéressant d'investir en ce moment
- Bitcoin : valeur intrinsèque à zéro.
En conclusion, le contexte est difficile mais il faut faire le gros dos. Après chaque guerre, il y a toujours une période de forte croissance.
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